Beynac la pragmatique

La restauration du château se fait progressivement et permet d’ores et déjà d’admirer le château tel qu’il fut : tout d’abord son immense esplanade, dans le deuxième mur d’enceinte, où l’on débouche après avoir franchi une porte agrandie au temps où l’on n’entrait plus à cheval, mais en carosse ; on verra alors la chapelle, cédée par le marquis de Beynac à la commune au XVIIIe siècle, au très beau toit de lauzes.
La visite suit le parcours d’un chevalier qui arrivait à Beynac : on arrive dans la salle des gardes éclairée avec les moyens de l’époque, c’est-à-dire obscure, où l’on entrait à cheval – on voit encore les mangeoires ! Une fois descendu de sa monture, le nouveau venu empruntait l’escalier étroit en colimaçon au fond de la salle des gardes ; on arrive alors dans les appartements où l’on admirera outre le magnifique sol en pisé, les superbes fenêtres à meneaux. C’est ensuite la salle des États où se réunissaient les quatre barons, jouxtée par un joli petit oratoire peint à fresque ; vous apprécierez ensuite, entre autres choses, un salon meublé, le donjon, la cuisine (toujours en pisé), la barbacane.
Vous remarquerez que Beynac, tout entier voué à sa fonction militaire, est pourvu de murailles à l’épaisseur impressionnante. Poussant la logique défensive jusqu’au bout, ses architectes n’ont en effet ouvert aucune fenêtre dans ces murailles (du moins pas au rez-de-chaussée), ni creusé de cheminée de manière à ne pas prêter le flanc aux attaques rageuses des adversaires. Au diable le confort, nos ancêtres étaient des gens pragmatiques !